mercredi 17 décembre 2008

L'onction de Béthanie ( Marc 14)

L’Onction de Béthanie ( Marc 14)


L’histoire d’une femme qui verse un parfum de grand prix sur le corps du Christ, figure dans les quatre Evangiles. Ici, l’évangéliste Marc ( 14) ne dit pas le nom de cette femme et la scène se passe à Béthanie, chez Simon le lépreux. Dans Jean, la femme s’appelle Marie et la scène se passe chez Lazare après sa résurrection. Elle y verse le parfum sur les pieds du Christ qu’elle essuie de ses longs cheveux. Ici, c’est sur la tête du Christ qu’elle verse le parfum après avoir brisé son contenant, le vase. Cette femme apporte ce qu’elle a de plus beau et de plus précieux à l’homme qu ‘elle aime. Elle dépense sans compter, dans un contexte, soit de mort ( chez Lazare), soit d’impureté( chez Simon le lépreux). Dans Jean, la femme avait apporté le parfum pour le défunt : Lazare, afin de lui rendre les hommages traditionnels au moment de la sépulture. Mais, Lazare étant ressuscité , son nard était devenu inutile. C’est pourquoi, elle le répandait sur les pieds du Christ. Ici, dans Marc, le Christ sentant que sa fin est proche, considère que par ce geste : elle a parfumé d’avance son corps pour la sépulture. Dans un cas comme dans l’autre, le parfum de grand prix conjure la laideur celle de la mort ou de la maladie.

Devant tant d’inconséquence et de folie, car le parfum coûte très cher, les hommes présents s’indignent.
Deux logiques s’affrontent :
La logique matérialiste des hommes scandalisés par cet argent gaspillé inutilement. « on aurait pu donner cet argent aux pauvres… »
La logique irrationnelle de la femme qui crée un geste gratuit, inoubliable, avant la passion du Christ.
Dans les deux cas, chacun a conscience que le parfum représente une valeur, mais leurs valeurs ne sont pas les mêmes.

Cette femme a fait œuvre de création. « C’est une belle œuvre qu’elle a faite en moi », dit le Christ. « Ce qu’elle pouvait, elle l’a fait », trouve-t-on dans une autre traduction. En effet, par ce geste extraordinaire, l’Evangile ne sera plus seulement « parlotte ». Grâce au parfum libéré par le vase, la mémoire de cette femme, contribuera aux messages transmis dans les Evangiles. « Partout où sera proclamé l’Evangile, au monde entier, ce qu’elle a fait sera aussi raconté en mémoire d’elle », dit Jésus. Sans doute, seule une femme pouvait faire un geste aussi extrême , aussi fou, sans calcul matérialiste, geste d’absolu.

Apparemment, l’argent ainsi dépensé, ne sert à rien. Mais ce n’est qu’une apparence car on peut voir dans le couple « vase rompu + parfum versé » une métaphore du couple « corps du Christ martyrisé + sang de Jésus versé ». Le parfum versé par cette femme restera à jamais dans notre souvenir . Par son geste, cette femme est à l’origine de quelque chose…. Il est le symbole d’un Amour absolu, gratuit, sans calcul, sans arrière-pensées.

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