RESURRECTION de LAZARE ( JEAN 11)
Jean est l'évangéliste qui approfondit le plus les récits bibliques, Il est le seul à parler de Lazare comme d'un personnage, avec une famille,des soeurs, On trouve un Lazare dans Luc, mais sous forme de parabole : celle du pauvre Lazare dans le sein d'Abraham
La Résurrection de Lazare chez Jean, est un récit au caractère merveilleux, puisque, de manière très irrationnelle, il relate la résurrection d'un mort,
Pourtant, Jésus n'est pas un magicien doué de pouvoirs paranormaux, Dans tous les récits de guérisons effectuées par le Christ, on constate que toutes les maladies qu'il soigne sont en rapport avec les cinq sens, ce qui leur donne une valeur symbolique,
ne pas voir
ne pas entendre
ne pas marcher
souffrir d'épilepsie, de la lèpre
souffrir de pertes de sang pour la femme, qui cherche juste à le toucher,
Toutes ces maladies ont un rapport avec notre lien avec les autres, Par leur faute, des êtres humains connaissent l'exclusion, En les guérissant, Jésus les ramène aux autres hommes, Grâce à son intervention, ils feront à nouveau partie de la communauté,
Dans le cas de la Résurrection de Lazare, on doit donc se demander quel est le sens de cette
« Résurrection »
Sous les traits de Lazare,Marthe, Marie, il faut voir plus large, Jean commence son récit ainsi ; « Il y avait un homme asthénique( = malade), du nom de Lazare ( Jean 11 – 1), L'asthénie est une maladie un peu particulière qui « ne conduit pas à la mort », dit Jésus,( Jean 11 – 4)
Et si ce « grand malade » était l'humanité ? La question devient alors, en créant un néologisme ;
« l'humanité est-elle, ressuscitable ? »
Pour avoir un début de réponse, appliquons cette histoire à nous mêmes, de manière à « se lire dans le texte » Nous lecteurs, pouvons-nous être sortis du tombeau ? Que signifient ces bandelettes qui entourent Lazare ?
Les deux soeurs disent tour à tour à Jésus « Si tu avais été là, notre frère ne serait pas mort »,N'est-ce pas là le cri de l' humanité quand nous ne comprenons pas le silence de Dieu devant les malheurs de la vie ?
Lazare, Marthe, Marie, Thomas appelé Didyme, représentent chacun une part d'humanité,
LAZARE = Eléazare = Dieu vient en aide,
Il vivait à BETHANIE : Beth = Maison / Anie = ma / Bethanie = ma maison,
Il est atteint d'asthénie, sorte de grande faiblesse, Puis il semble mort, Pourtant, le Christ dit à ce sujet ; « Cette maladie ne va pas à la mort,,,, Lazare, notre ami, repose,,,je vais le réveiller »,
MARTHE : C'est elle qui rencontre Jésus en premier, C'est une maîtresse femme,courageuse, Elle proclame sa foi « J'ai toujours cru que c'est toi le Christ, le Fils de Dieu, qui doit venir dans le monde » , Par deux fois, elle dit je sais , « Je sais que tout ce que tu demanderas à Dieu, il te l'exaucera, ,,,Je sais qu'il ressuscitera, lors de la Résurrection, au dernier jour », Cependant, malgré toutes ses certitudes, elle n'est pas encore dans la Révélation, « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort », Ce sera au Christ de la conduire à cette révélation,
MARIE :
Elle est dans le registre de l'affectif, Dès que Marthe lui annonce la présence du Christ, elle s'empresse de se lever et de courir vers lui, Elle se jette à ses pieds, Marie pleure beaucoup, les Juifs la suivent, ce qui ne s'était pas produit avec Marthe, Ils pleurent autour d'elle et le Christ pleure, lui aussi, L'émotion de Marie est contagieuse, Par cette émotion, les corps parlent,
THOMAS le DIDYME ( = le jumeau) :
Il est prêt à suivre le Christ, malgré les dangers qui le guettent, tels que la lapidation par les pharisiens, Il se sent apte à mourir avec le Christ,
Les « râleurs » :
V,37 certains d'entre eux dirent : « ne pouvait-il , lui qui a ouvert les yeux de l'aveugle, faire aussi que cet homme ne mourût pas? » ,Comme nous leur ressemblons à ceux-là, ceux qui veulent des gestes spectaculaires !
IMPORTANCE DU RÔLE FEMININ:
On constate que dans ces personnages, ce sont les femmes, Marthe et Marie, qui servent d'intermédiaires entre le Christ et les autres hommes, de même que dans les noces de Canna, c' était Marie qui avertissait le Christ « Ils n'ont plus de vin », Les femmes sont les porte-parole de l'humanité qui se reconnaît malade, quand d'autres seraient dans le déni,
ASTHENIE et RÉSURRECTION de LAZARE :
La maladie de Lazare est une maladie « qui ne va pas à la mort », Cette phrase est déjà contenue dans le prologue, « Cette maladie ne va pas à la mort, mais elle est en vue de la gloire de Dieu, afin que, par elle, soit glorifié le Fils de Dieu »,( v,4) Que signifie cette phrase étrange ?
La mort:
Cette maladie ne va pas à la mort, telle que vous l'imaginez, « Lazare, notre ami, repose,,,je vais le rtéveiller », Les disciples parlent de mort, le Christ parle de sommeil,
La gloire de Dieu :
Pour nous, la gloire, c'est le fait d'être connu,
En hébreu, la gloire, c'est ce qui a du poids,
Ici, la gloire, c'est une présence de l'inattendu, c'est ce qui se voit, Cette maladie existe en vue de rendre visibles Dieu et le Fils de Dieu,
La gloire, c'est la VISIBILITÉ, Nous sommes invités à être la visibilité de Dieu, les uns pour les autres,
Croire :
« Lazare est mort et je me réjouis pour vous de n'avoir pas été là, afin que vous croyiez », ( v, 14 à 17)
Le Christ affirme ici, d'une manière fort déconcertante pour ceux qui l'écoutent, qu'il n'est pas là pour empêcher les gens de mourir, au sens humain du terme, En effet, en même temps, il dit plus loin « quiconque vit et croit en moi, ne mourra jamais »,Vivre ne serait donc plus être des humains animés, au sens propre, mais Vivre et Croire, seraient la même chose,
Le Fils :
« Que par elle soit glorifié le Fils de Dieu »,Qu'est-ce que le Fils ?
Le fils, ce n'est pas une personne, ni un groupe, C'est une réalité un peu mystérieuse, C'est cette idée que ce qui nous fait exister vient au-delà de nous, Croire au Fils, ce n'est pas croire en quelqu'un mais croire que nous sommes tous en relation les uns avec les autres, Quand le Christ dit « je », nous ( nous, croyants) sommes inclus dans ce « je »,
CONCLUSION : LA RÉSURRECTION SELON SAINT JEAN :
Pour Saint-Jean, c'est à travers le Christ que nous participons à la Résurrection, La vie dont il nous parle, nous ne l'avons pas en propre, C'est quelquechose qui nous relie au Fils, Nous hébergeons une parcelle de Vie qui est bien plus grande que nous, Elle ne nous appartient pas , elle nous dépasse,
Comme le dit le poète Kalil Gibran « Vous êtes les fils de la vie, Vos enfants ne sont pas vos
enfants,,, » etc, Chez Saint-Jean, il n'y a ni passé ni futur, L'heure, c'est l'Eternité,
C'est donc le récit de la maladie de Lazare, de son asthénie, qui nous amène curieusement à la Vie,
Jésus interpelle vigoureusement Lazare, presque avec violence « Lazare, ici, dehors ! », De même,sur le même ton autoritaire, il ordonne « Déliez-le et laissez-le aller »,Par ces paroles, Lazare retrouve sa Liberté, On a supprimé les liens dont les autres étaient aussi responsables,
Ce texte, comme beaucoup de textes de Saint-Jean, est une proclamation pascale,
jeudi 26 février 2009
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